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Les combats d’animaux existaient en Angleterre depuis des temps immémoriaux, depuis le Moyen Âge, il était très populaire de faire battre des molosses contre des taureaux.
La popularité de ce type de combat commença à décliner sérieusement au début du XIX e siècle, les poids lourds utilisés pour combattre les taureaux étaient jugés trop lourds et trop lents pour assurer le « spectacle », on eut l’idée de croiser des Bull Dogs avec des Terriers, les Bull Dogs donnant la puissance et le Terrier la vitesse et la pugnacité
.

La première mention de cette « nouvelle race » a été faite en 1822 sous le nom de Bull and Terrier. À cette époque on ne s’occupait ni de la pureté de la race, ni de standard… pourvu que ça se batte hardiment, tout était bon. Il y avait une grande hétérogénéité dans les types, un peu plus tard on utilisa également le nom de Half and Half pour les qualifier.
En 1836, ces combats cessèrent complète ment (à cause de l’interdiction des combats d’animaux en 1835), et furent remplacés par des combats de chiens et des combats de chiens contre des rats (rat baiting) plus faciles à organiser clandestinement. 

Malgré l’interdiction des combats, ceux-ci per sistèrent jusqu’à une époque récente et peut-être persistent encore. Un artisan en colliers de Darlaston m’a confié, qu’en 1950, il existait au cœur de la ville un pit (arène) et que des combats y étaient organisés régulièrement, les autorités fermant les yeux devant cette activité «culturelle » et « traditionnelle ». 

Le dernier grand procès pour l’organisation de combats de chiens eut lieu au début des années 1980.

Entre 1860 et 1870, James Hinks créa un croisement blanc, en utilisant certainement du Dalmatien sur du Bull and Terrier. 

Ce nouveau chien fut enregistré auprès du Kennel Club sous le nom d’English Bull Terrier. 

Il devint un chien d’exposition populaire (la vogue des expositions canines venant de commencer) et perdit rapidement ses facultés combattantes.

Il devint le chien de la classe aisée.

Les autres Bull and Terriers qui n’avaient
pas été croisés avec des races non combattantes furent qualifiés de Staffordshire BullTerriers, non comme nom de race, mais comme qualificatif pour les différencier des chiens de beauté, car les principaux
éleveurs et organisateurs de combats étaient localisés dans les « Midlands », ils restèrent les chiens des
classes laborieuses.

Paradoxalement le Bull and Terrier devint le premier vrai chien de compagnie et développa un amour immodéré pour l’homme
et en particulier pour les enfants !
En effet, un chien qui combattait le dimanche était un chien de valeur (à cause des paris) et il n’était pas question de le laisser dormir à l’extérieur où il pouvait se faire voler ou même tuer par le propriétaire d’un adversaire. C’est ainsi qu’il partageait la demeure misérable de ses propriétaires mineurs ou forgerons qui ne comportait, en général, qu’une seule pièce où tout le monde s’entassait. Ainsi aussi il apprit le silence pour la tranquillité du foyer et pour le braconnage avec les enfants, les lapins pullulaient dans les terrils et tout le monde devait participer à la survie du foyer, dans une Angleterre industrielle où la vie était extrêmement dure pour le prolétariat. Si un chien posait un problème d’agressivité au sein de la famille, il finissait la pierre au cou dans la rivière ou le canal le plus proche, c’est comme cela qu’a été sélectionnée la race totalement inoffensive envers l’homme. Envers les étrangers aussi le chien était inoffensif puisque, avant le combat, le propriétaire de l’adversaire examinait le chien et surtout le lavait, car une des tricheries pratiquées était d’enduire le chien d’un calmant (nicotine, opiacée, alors en vente libre), ainsi dès la première morsure l’autre protagoniste s’avalait une bonne gorgée du produit et continuait à se battre dans un état second.
Après la 1 ère Guerre Mondiale, pendant laquelle le Staffordshire Bull Terrier a été un auxiliaire apprécié des Tommies, en détruisant les rats dans les tranchées, le type a eu une certaine tendance à s’homogénéiser. Il n’a plus simplement été relégué à son rôle de combattant, mais est peu à peu devenu déterreur de blaireaux, chien de garde et même simple chien de compagnie.

Les débuts du premier standard.
Au début des années 1930, certains amateurs réunis à Cradley Heath, trouvant une
certaine beauté dans ce chien, entreprirent d’établir un standard en prenant pour
modèle deux chiens qui, pour eux, repré sentaient ce qu’il y a de mieux dans la race : Fearless Joe et Jim the Dandy, le chien y est décrit délibérément non comme un chien de combat, mais comme un chien de « pratiquement tous les emplois ». C’est non moins délibérément qu’on souligne dans le standard son amour pour les enfants.

Après un premier échec pour faire enregistrer la race sous le nom de « Original Bull Terrier », la race fut reconnue en 1935 sous

le nom de « Staffordshire Bull Terrier », nom qu’il possédait depuis les années 1870.
Le fondateur du Club fut Joe Dunn, premier secrétaire, la race comportait alors 174 chiens enregistrés, mais elle gagna très rapidement en popularité. Le premier
Champion de la race fut Gentlemen Jim et la première championne Lady Eve.

Le standard fut revu en 1948, où la taille fut abaissée sans que les poids soient impactés, ce qui signifie un alourdissement de la race. Cette révision de 1948 autorise la couleur bleue, alors qu’elle était proscrite auparavant. Une seconde révision du standard a eu lieu en 1987, mais il s’agit simplement d’une reformulation de certaines clauses.
Hors d’Angleterre, c’est surtout en Afrique du Sud que le Staffordshire Bull a acquis une très grande popularité, popularité qu’il a gardée jusqu’à nos jours, puisqu’il reste une des toutes premières races représentées dans le pays. Cette réputation est grandement due au
roman de Sir Percy Fitzpatrick écrit sur l’instigation de Rudyard Kipling dont il était l’ami : Jock of the Bushweld (Jock le meilleur chien du Monde), publié en 1907 et instantanément devenu « best seller », réédité quatre fois la même année, ce livre est devenu un classique de la culture Sud Africaine car, depuis cette date, il a été et est toujours réédité. Écrit en langue anglaise, il est traduit localement en Afrikaan, Néerlandais, Xhosa et Zoulou, il existe également une version Française.

Le staffie reconnu comme race par l’AKC en 1974 Aux EtatsUnis, bien sûr, certains immi grants Anglais ont emmené leur Bull and Terrier dans leurs bagages vers la fin du XIX e siècle. Ils croisèrent leurs animaux avec des chiens locaux plus grands pour aboutir au Staffordshire Terrier.
La nouvelle race fut reconnue par l’AKC (American Kennel Club) en 1936, elle fut nommée Staffordshire Terrier en l’honneur de ses origines Anglaises (après avoir été refusée sous le nom de Yankee Terrier). Le nom de Staffordshire Terrier fut transformé en American Staffordshire Terrier en le 1 er janvier1972.

Le Staffordshire Bull Terrier ne fut reconnu comme race par l’AKC qu’en 1974 sous les efforts de Steve Stone, ami du grand spécialiste de la race John F. Gordon. Avant le Staffordshire Bull Terrier n’était connu par les Américains que comme « English Pit Bull ». En France, sans fausse modestie, l’histoire du Staffordshire Bull Terrier se confond en grande partie avec celle de mon épouse et moi ! C’est en 1971 que nous avons connu le Staffordshire Bull Terrier, lors de notre voyage de noces en Angleterre.
Beaucoup d’Anglais ont pour habitude de se contenter d’un sandwich le midi et en profitent pour promener leur chien. Nous étions dans Hyde Park à Londres un midi et nous avons remarqué un petit
chien trapu qui traquait les pigeons. Il s’avançait tout doucement en rampant presque, arrivait à proximité d’une vingtaine de pigeons posés sur la pelouse et brusquement fonçait, dispersant les pigeons qui allaient se reposer un peu plus loin et le manège recommençait sans cesse. Ce fut le coup de foudre ! Nous allons voir sa maîtresse, qui se reposait au pied d’un arbre, et nous lui demandons la race de
son chien, c’est un Staffordshire Bull Terrier nous dit-elle ! Ce jour-là nous nous sommes jurés d’en avoir un jour. Ce n’est qu’en 1983 que nous avons pu réaliser notre rêve, une petite chienne achetée en France chez un particulier qui n’a fait qu’une portée : Uranie, « la petite folle des rings », cette magnifique petite femelle ne pouvait se tenir 30 secondes en place ! Un chiot mâle est rapidement venu la rejoindre : Into, acheté en Belgique chez un des rares amateurs de la race, Gilbert D’Hayer (dont la fille, Tanya, est actuellement Présidente du Club Belge de la race).

Entre-temps, nous nous étions lancés dans l’élevage de Berger Picard et de Rottweiler, rares à l’époque.

1980, des débuts
très confidentiels Accompagnés de nos Bergers Picards et de nos Rottweilers nous avons sillonné la France pour faire connaître ces différentes races. J’ai arrêté l’élevage de Rottweiler et de Bergers Picards en 1988 pour ne me consacrer qu’au Staffordshire Bull Terrier.

À la fin des années 80, il n’y avait que 4 éleveurs de Staffordshire Bull Terriers réguliers en France. Par ordre d’arrivée :

  • De la Lune de Sang
  • Of Rockabilly (Thierry TETU),
  • Of the Brundeanlaws Bullyboys
    (Lady Julia ARBUTHNOT),
  • De la Brume Rouge
    (Thierry LAPOSTOLE).
    La production de chiots restant minime. Dans les années 90. La situation a peu évolué, certains élevages se sont créés (« de Miss Daisy », « MC Performance » puis « de la Vauxoise », ces deux derniers élevages vers la fin des nineties) et d’autres ont disparu comme « de la Brume Rouge »
    puis « of Rockabilly », je ne parle pas des élevages qui n’ont produit qu’une ou deux portées.
    En 2000, nous étions donc moins de dix éleveurs pour une race qui commençait seulement à émerger.
    La loi du 6 janvier 1999, et son application en 2000, ont alors complètement changé la donne, elle a eu pour effet de
    diminuer l’engouement pour les races catégorisées et par conséquent de provoquer la « reconversion » d’éleveurs dans ces races, on a vu aussi l’apparition d’élevages « industriels » dans le Staffie ! On compte actuellement près de 300 élevages de Staffordshire Bull Terriers et la production a explosé pour atteindre 1 764 inscriptions en 2009, contre 485 en 2004, soit un nombre de naissances presque quadruplé en simplement 5 ans… Et il se crée un nouvel élevage quasiment tous les jours !

Donc après cette loi du 6 janvier 1999 le «^marché » des races catégorisées comme l’American Staffordshire Terrier et le Rottweiler s’est réduit, le public, fuyant les tracasseries administratives s’est progressivement intéressé au Staffordshire bBull Terrier comme substitut à leur race préférée.

Ce public veut un petit Amstaff ou un
mini-Rottweiler sans muselière, sans déclaration en mairie, sans assurance spéciale…
De nouveaux éleveurs, pour une grande partie transfuge de races catégorisées, ont capté ce marché, reproduisant des chiens
flattant le goût du public, ne respectant plus l’éthique de la race, utilisant des chiens qui n’auraient jamais dû reproduire.
Dans ces nouveaux éleveurs, certains élevages industriels ont vu le jour, d’autres ont ajouté le Staffordshire Bull Terrier à
leur catalogue pour profiter au maximum du « marché ». Parmi ces élevages industriels, plusieurs, dans un souci de différenciation du produit, ont lancé la mode de couleurs ésotériques parfois au détriment de la santé du chien, vendant ces produits incorrects plus cher ! C’est ainsi que j’ai vu l‘un d’eux vantant les qualités d’un chiot
noir et feu, justifiant la différence de prix
par le qualificatif :
« couleur très rare », ce serait risible si ce n’était pas dramatique pour la race, de maintenir en reproduction intensive les parents de ce genre de chiots !

La production de chiens bleus par ces « élevages » pose aussi question. Bien que ce soit une couleur tolérée dans le standard depuis 1948, cette couleur est fortement indésirable pour l’avenir de la race dans la mesure où, à cette couleur, est liée une maladie génétique appelée « alopécie du gène de dilution ». Ce qui fait qu’environ la moitié des chiens de cette couleur se trouveront dépoilés d’une manière irrémédiable vers 5 ans !
Pour les amateurs de cette couleur, achetant leur chien non comme un copain, comme la plupart des propriétaires, mais comme un objet de prestige, quel sera l’avenir de celui-ci, s’il se retrouve nu, la piqûre certainement, personne ne voulant adopter ce laissé pour compte !
Ce qui est plus grave, c’est que les chiens noirs, frères et sœurs de ces bleus seront porteurs de ces gènes et reproduiront des chiens porteurs, ce qui fera naître, dans les générations futures, soit du bleu soit des
chiens atteints d’une maladie génétique qui est la manifestation de cette maladie chez les chiens noirs : « la dysplasie folliculaire
du poil noir », cette affection, jusqu’alors rarissime, a déjà été diagnostiquée en France et la lignée identifiée.

À tout cela il faut ajouter, crise oblige, les particuliers qui veulent s’empresser de se
rembourser du prix d’achat de leur chienne, en faisant une portée sans aucune
connaissance de l’élevage, avec des chiens non testés pour les principales maladies
héréditaires.

Les juges ont également leur responsabilité dans le déclin actuel de la race, mal ou peu formés par des juges plus anciens aux compétences tout aussi douteuses, ils jugent en exposition par rapport à des
races qu’ils connaissent mieux !
C’est ainsi qu’on voit primer en expositions des chiens déséquilibrés avec une tête trop massive rappelant plus le Rottweiler que le Staffordshire Bull Terrier, des nez trop courts (et parfois plissés), des babines tombantes, des airs renfrognés (alors que
le Staffie traditionnel sourit d’un sourire connu sous le nom de « staffie smile »),
des dos ensellés, de mauvais aplombs, des chiens boiteux et surtout des femelles trop masculines.
On voit également des chiens beaucoup trop lourds et de plus en fort surpoids, ces chiens sont épuisés après l’effort qu’ils ont dépensé à faire un petit tour de ring. On est bien loin du chien sportif décrit dans le standard, on n’est pas dans un comice agricole destiné à juger la production de viande d’un bovin, mais dans une exposition canine !
Certains juges confirment n’importe quoi, chiens noir et feu, foie, chiens prognathes ou dont les crocs convergents blessent le palais…, les 23 € faisant vivre la SCC primant sur le bien-être de la race !
Des chiens très peureux et agressifs envers l’homme ont été produits risquant de remettre en cause la non-catégorisation du Staffie… Et tout ça reproduit à qui mieux mieux, diffusant les gènes indésirables
dans la race .

Si la tendance persiste on va, à brève échéance, vers la disparition du Staffordshire Bull Terrier tel que nous le connaissions.
Heureusement, certains éleveurs et amateurs de la race continuent à aimer et reproduire du Staffordshire Bull Terrier traditionnel.

J’ose croire que la situation n’est pas irréversible, mais elle passe par
des mesures drastiques au niveau de la SCC et du Club et surtout par une éducation du public, puisse ce livre y contribuer !
En 1991 l’Angleterre a promulgué une loi qui s’est avérée lourde de conséquences pour le monde entier : le « Dangerous Dog
Act », c’est la première loi qui interdisait aux chiens de vivre non seulement à cause de leur comportement mais aussi, hélas, à
cause de leur race !
Bien sûr, le Staffordshire Bull Terrier ne fut
pas touché par cette loi, mais elle a ouvert la voie à des pays qui, par méconnaissance, l’ont rendu indésirable !

Et la catégorisation alors ?
Cette loi, comme toutes celles qui l’ont suivie, a été prise à cause d’un simple et tragique fait divers monté en épingle par les médias.
Depuis tous les pays du Monde ont voulu et veulent encore copier et arranger cette loi à leur propre sauce. En 1997 et 1998
les médias ont commencé à matraquer sur les « mauvais chiens », reportages « bidons » , diffamation pure et simple (par exemple VSD titrait « Si vous rencontrez ce chien , changez de trottoir ! ») tout y est
passé, enfin, encore une fois sur un fait divers nos « chers » députés ont décidé de légiférer ! Après une « large concertation » de
laquelle ils n’ont rien tiré, nos élus ont pondu cette aberration qui persiste, et s’est même aggravée aujourd’hui : la loi 99-5 du 6 janvier 1999 , loi votée par une poignée de députés présents (9), les autres
ayant certainement quelque chose de plus important à faire !
Cette loi fut suivie par l’arrêté Ministériel du 27 avril 1999 déterminant la liste des races de chiens susceptibles d’être dangereux. Aux dires de certaines mauvaises langues, cette liste fut établie avec la collaboration active de la SCC (fortement endettée à cette époque à cause de son nouveau siège, cette collaboration aurait été acquise en échange de la libération de sa dette), et d’une Présidente du CFAT et
DT muette !
Le comportement supposé de la Présidente du CFAT et DT a été responsable de la séparation des races de type Bull de ce Club pour arriver, après quelques péripéties à la création du CFABAS.
Cet Arrêté, inchangé depuis, décrit les chiens catégorisés ainsi :


• Article 1er.
Relèvent de la 1er catégorie de chiens telle
que définie à l’article L 211-12 du code
rural :

  • Les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Stafforshire Terrier, sans être inscrit à
    un livre généalogique reconnu par le ministère de l’agriculture et de la pêche.
    Ces deux types de chiens peuvent être communément appelés “pit-bulls” ;
  • Les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Mastiff, sans être inscrit à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Ces chiens
    peuvent être communément appelés “boerbulls”.
  • Les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Tosa, sans être inscrit à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche.
  • • Article 2.
    Relèvent de la 2e catégorie de chiens telle que définie à l’article L 211-12 du code rural :
  • les chiens de race Staffordshire terrier,
  • les chiens de race American Staffordshire
    terrier,
  • les chiens de race Rottweiler,
  • les chiens de race Tosa,
  • les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race Rottweiler, sans être inscrit à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche.
  •  
  • • Article 3.
  • Les éléments de reconnaissance des chiens de la 1ère et de la 2e catégorie mentionnées aux articles 1er et 2 de cet arrêté figurent
  • dans l’annexe qui suit.
  • • Annexe
  • Les chiens visés dans le présent arrêté, que ce soit pour la 1ère ou la 2e catégorie, sont des molosses de type dogue, définis par un corps massif et épais, une forte ossature et un cou épais. Les deux éléments essentiels sont la poitrine et la tête. La poitrine est puissante, large, cylindrique avec les côtes arquées. La tête est large et massive, avec un crâne et un museau de forme plus ou moins cubique. Le museau est relié au crâne par une dépression plus ou moins marquée, appelée le stop. Les chiens communément appelés “pitbulls” qui appartiennent à la 1ère catégorie présentent une large ressemblance avec la description suivante :

  • Petit dogue de couleur variable, ayant un périmètre thoracique mesurant environ entre 60 cm (ce qui correspond à un poids
    d’environ 18 kg) et 80 cm (ce qui correspond à un poids d’environ 40 kg). La hauteur au garrot peut aller de 35 à 50 cm.
  • Chien musclé à poils courts.
  • Apparence puissante.
  • Avant massif avec un arrière comparativement léger.
  • Le stop n’est pas très marqué, le museau mesure environ la même longueur que le crâne tout en étant moins large, et la truffe est en avant du menton.
  • Les mâchoires sont fortes, avec muscles des joues bombés. Cet arrêté plongea le petit monde du Staffordshire Bull Terrier dans la consternation : le Staffie classifié, on aura tout vu !
    En le relisant, j’ai découvert la faille : la race listée était le « Staffordshire Terrier » et non le « Staffordshire Bull Terrier », or le « Staffordshire Terrier » a parfaitement existé puisque c’est l’ancien nom de «
    l’American Staffordshire Terrier » et que son Club de race aux USA est toujours le « Staffordshire Terrier Club of America »

Sortir le Staffordshire Bull Terrier de la 2e catégorie


Dans la cynophilie, les noms de races sont quelquefois apparentés tout en représentant des races bien distinctes. Par exemple « l’ Épagneul King Charles » est différent de « l’Epagneul Cavalier King Charles »,
le « Harrier Beagle » est différent du « Beagle »…
J’ai popularisé cette thèse, l’écrivant même sur le bulletin spécifique aux Terriers de Type Bull du CFAT et DT dont j’assurais la rédaction à l’époque, cette thèse fut accueillie avec incrédulité et même tournée
en dérision… sauf par un simple propriétaire de Staffordshire Bull Terrier qui m’a fait confiance et avec qui j’ai collaboré pour réparer cette injustice : Pascal Marteau.

Ensemble nous avons rédigé une question prise en charge par Anne-Marie Idrac qui l’a posée par écrit au ministre de l’Intérieur de l’époque en séance de l’Assemblée Nationale le 19 juin 2000 :
« Madame Anne-Marie Idrac attire l’attention de Monsieur le ministre de l’Intérieur sur l’arrêté du 27 avril 1999 relatif aux chiens dits « dangereux ». En effet une race de chiens inconnue en France y semble inscrite à tort. Cette race le « Staffordshire Terrier », n’existe plus depuis 1972, date à laquelle elle fut rebaptisée «
American Staffordshire Terrier ».

Ce chien, très peu représenté en France, mais extrêmement populaire en Grande Bretagne et en Afrique du Sud, subit de plein fouet cette incohérence parce que son nom « le Staffordshire Bull Terrier » ou « Bull Terrier du Staffordshire » rappelle fortement celui inscrit dans l’arrêté.

De nombreux propriétaires se font régulièrement interpeller à ce sujet par les forces de l’ordre. Elle lui demande quelles mesures le Gouvernement compte prendre pour clarifier le dispositif.»
La question fut en fait transmise au ministre de l’Agriculture et de la Pêche (responsable de la liste des chiens catégorisés) et la réponse publiée au Journal Officiel le 5 févier 2001 (Assemblée Nationale p.774),
contient en particulier ces phrases : « … En tout état de cause, la liste des chiens de deuxième catégorie, qui ne comprend pas les chiens de race staffordshire bull terrier, a été volontairement limitée
afin d’assurer l’effectivité de la réponse donnée aux problèmes des chiens susceptibles d’être dangereux. La race canine staffordshire bull terrier, parfaitement distincte de l’american staffordshire terrier
et beaucoup plus petite, ne présente pas de dangerosité particulière et est effectivement l’une des races de compagnie les plus appréciées en Grande Bretagne. Cette race non impliquée dans les graves agressions
n’a pas de raison de figurer dans la deuxième catégorie… »

Une réponse ministérielle à une question écrite ayant force de Loi, c’est ainsi que le Staffordshire Bull Terrier est sorti de la deuxième catégorie !
ATTENTION : Pour ne pas être catégorisé le Staffordshire Bull Terrier doit être enregistré à un livre généalogique reconnu par la FCI (en général le LOF), sinon, comme son type est défini dans l’arrêté du 27
avril, c’est un chien de première catégorie !
Nous croyions cette affaire terminée, le cas du Staffordshire Bull Terrier définitivement éclairci, mais Monsieur Nicolas Sarkosy, lors de son passage au ministère de l’Intérieur en a décidé autrement !

Nous avons appris qu’il souhaitait le catégoriser au seul motif que « les forces de
l’ordre étaient incapables de le différencier de l’American Staffordshire Terrier ». En mettant tout le monde dans le même sac, le problème était résolu !
Mandatés par le CFABAS, Pascal Marteau et moi-même avons rédigé un mémoire de
plus de 200 pages, en faisant surtout appel aux témoignages de propriétaires par le biais de « Planète Staffie », portail Internet
fondé par Pascal Marteau.

De ce mémoire comportant de nombreux témoignages et de nombreuses photos montrant le comportement du Staffie face aux enfants et aux autres animaux, il a été
envoyé un exemplaire à chaque ministère concerné et un exemplaire à la SCC, il en a été tiré un extrait d’une quinzaine de pages remis en main propres à Monsieur Sarkozy, nous n’avons depuis plus entendu parler de cette catégorisation tardive !

Pour l’instant aucune menace législative ne plane sur le Staffie et ce, même après un
durcissement de la Loi, mais il faut rester vigilant car nul ne sait ce que l’avenir nous
réserve !