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Un Staffie, faute d’activités pour se défouler, peut s’avérer très destructeur ! Il faut absolument que ce chien plein de vie dépense l’excès
d’énergie qui est en lui.
De grandes promenades avec jeux peuvent suffire, mais pourquoi ne pas aller plus loin et tenter un peu de sport ? Si son maître sait canaliser l’énergie qui est en lui, il excellera dans toutes les disciplines physiques qui lui seront proposées !

Le broussaillage
Le but du broussaillage est de simuler une chasse. Cette discipline met particulièrement en valeur les qualités du Staffordshire Bull Terrier : flair, courage, ténacité, maîtrise de soi, intelligence, obéissance.
Le talent du Staffie est bien souvent inné, c’est au maître de savoir le canaliser !
Alors que certains Clubs de Terriers ne pratiquent que le broussaillage sur ongulés
(essentiellement sangliers), au sein du CFABAS on pratique également le broussaillage sur lapins, plus simple, plus ludique et sans danger.

Déroulement des épreuves Pour inscrire un chien en concours, celui-ci
doit être confirmé au préalable (c’est-à-dire qu’il a plus d’un an) et être muni d’un carnet de travail (à obtenir auprès de la SCC), l’âge limite pour concourir est de 8 ans.
Le matin avant le concours a lieu le tirage au sort qui déterminera l’ordre de passage des concurrents.
À son tour son maître pénétrera dans l’enceinte et amènera son chien en laisse pour le présenter aux juges (en général deux, bien que récemment un seul juge puisse suffire). Sur ordre des juges le maître lâchera son chien et la quête commencera. L’épreuve dure au maximum une demi-
heure et peut être arrêtée à tout moment par les juges. À la fin de l’épreuve le maître doit rappeler son chien et le reprendre en laisse.
Un coup de feu fait également partie de l’épreuve, selon les juges il sera effectué soit collectivement, soit au cours de l’action de chasse lorsque le gibier est levé.

Broussaillage sur petit gibier à poil (lapins, lièvres)

Hors concours cette discipline peut se pratiquer dès le plus jeune âge et peut servir à initier un jeune chien pour un travail ultérieur sur sangliers. C’est dans la majorité des cas du broussaillage sur lapin, sur lièvres c’est exactement la même chose.
Les concours ont lieu en général dans un petit parc 1 à 2 ha comportant une partie herbeuse et des buissons de ronces permettant aux lapins de se terrer aisément.
Cet espace doit offrir une densité correcte de lapins (10 à 15 lapins/ha).
Le but du concours est de débusquer les lapins, les poursuivre au sein des ronciers pour les faire ressortir à découvert.
Les juges demanderont au maître d’arrêter le chien avant que celui-ci ne capture le lapin, s’il y a capture, le chien n’est pas pénalisé.
Le Staffie étant un chien silencieux, les juges se contenteront d’un jappement symbolique en début de poursuite en guise de
récri voix.

Broussaillage sur ongulés (sangliers)


Se pratique maintenant dans des parcs de plus grande superficie, environ 20 ha. Ce parc comportera des parties touffues (ronciers) et des parties boisées. Il devra comporter des percées suffisantes pour permettre aux juges de voir le chien travailler. Cet espace devra offrir une densité
suffisante de sangliers.
Le but du concours est de débusquer les sangliers, éclater la harde si celle-ci s’est formée et travailler un sanglier (toujours le même lorsque le chien l’a choisi) en le mettant au ferme, puis le lancer en lui faisant traverser une allée. Le chien est pénalisé si au cours de son travail il change de sanglier. Là aussi on se contentera d’un aboiement symbolique.

Du broussaillage à la chasse réelle, il n’y a pas qu’un pas !
Tout d’abord, tous les Staffies ne sont pas aptes au broussaillage et encore moins à la chasse réelle, loin de là, beaucoup ne s’intéressent nullement au gibier
et la sélection de souches chasseuses va
demander des années, voire des décennies !
Outre de grandes qualités de flair, de persévérance, d’instinct prédateur, de sens
stratégique, le Staffie souffre de certains
handicaps pour la chasse au gros gibier.
Par rapport aux véritables Terriers de chasse comme le Fox Terrier par exemple, il manque d’endurance, en fin de journée, la masse musculaire importante du Staffie
devient un handicap. De plus, il souffre plus de la chaleur, heureusement il sait profiter de la moindre souille pour se baigner (!).
Mais son plus gros handicap est son
manque de voix, si en broussaillage on se
contente de son aboiement symbolique, il
n’en est pas de même en chasse réelle, les
aboiements de la meute guident les traqueurs et renseignent les postés sur la
conduite de la chasse, lorsque les aboiements se rapprochent d’un poste, le chasseur se prépare à tirer, car il y a des
chances que le gibier poursuivi passe près
de lui.

On peut donc sans problème inclure dans une meute des Staffies, ceux-ci respectant les autres chiens et s’en faisant respecter, mais il faudra leur adjoindre soit des chiens courants (renommés pour la qualité de leur voix), soit des Terriers « braillards » ou des Teckels.

Pour la chasse au petit gibier devant soi,
ces handicaps n’existent plus, j’ai long-
temps hésité à y mettre mes Staffies pensant que leur mâchoire terrible broierait faisans et perdrix.
J’ai été vraiment surpris qu’ils puissent
avoir la dent si douce.
Le Staffie ne fait pas l’arrêt, certes, mais il
travaille comme un Cocker ou un Springer, broussaillant devant son maître, recherchant le gibier blessé et faisant même un excellent rapport (bien mieux que mon Épagneul Breton qui rapportait quand le cœur lui en disait !).
Barbra Ann prend même les Perdrix
rouges au vol quand le brouillard ne s’est
pas levé, qu’elles volent au ras du sol et
qu’il est impossible de les tirer sans danger.
Une matinée elle m’en a ainsi capturé 4 !
Je parlais plus haut du sens stratégique du
Staffie, une simple anecdote pour l’illustrer. Alors que nous testions deux
chiennes d’environ 5 mois, avec Françoise
Mesle, dans un parc à lapins, nous avons
mis ensemble les deux jeunes pour voir ce
qu’elles feraient.

Ces deux chiennes ne s’étaient jamais vues auparavant, mais en
quelques minutes elles se sont organisées pour prendre les lapins en tenaille, ne leur laissant aucune chance de s’échapper.
Mes Terriers Brésiliens, mis dans les mêmes conditions se sont mis à chasser de front, poussant les lapins mais ne les capturant pas ! C’est pour toutes ces raisons que je pense que le Staffie est plus à l’aise en chasse devant soi, donc en broussaillage sur lapins en petit parc, plutôt qu’en
broussaillage sur sangliers en grands parcs comme on le pratique maintenant, on y perd rapidement la trace des sangliers et du chien par manque d’aboiements constants.

• Le travail de mordant (ring, RCI…)
Il lui est désormais fermé, mais il reste beaucoup d’autres disciplines dans lesquelles il pourra s’éclater. J’ai autrefois testé le Staffie au mordant sportif, il y excelle du moment que c’est enseigné sous
forme de jeu.
• L’agility
On ne présente plus l’agility, c’est certainement le sport canin le plus populaire, il nécessite une complicité étroite entre le maître et son chien. Jamais lassant au vu du nombre d’obstacles et de la variété des parcours, c’est un sport qui met parfaitement en valeur les qualités physiques et
morales du Staffie. Ce sport doit être pratiqué en Club à cause du coût du matériel.
L’entraînement peut être commencé depuis le très jeune âge, mais doit être très progressif. Plusieurs Staffies pratiquent avec succès cette discipline.
• Le Flyball
Beaucoup moins populaire que l’agility, ce sport est un rapport d’objets amélioré. Il se pratique par équipe et consiste à faire rapporter une balle le plus vite possible en sautant des obstacles. Ce sport ne peut être, comme l’agility, que pratiqué en club du fait encore une fois, du coût des équipements.

Le Cani-Cross

Il existe maintenant plusieurs variantes de ce sport, le but est d’accompagner son chien sur un parcours campagnard. Les règles en sont assez contraignantes, ce sport convient très bien au Staffie qui reste parfois sur sa faim dans d’autres sports. J’ai produit par le passé une petite chienne
qui a été trois fois Championne de France et trois fois Championne de Belgique de cette discipline : Ieasy Life de la Lune de Sang.
Il faut aussi aborder ce sport avec un chien adulte, les entraînements du chiot doivent lui permettre de fréquentes pauses et ne pas oublier l’eau pour le désaltérer périodiquement.

L’obé rythmée. Une belle musique, des dons pour la danse et la chorégraphie, un staffie obéissant et c’est parti !

Le cavage . C’est la recherche de truffes, facile à mettre en œuvre, mais les entraînements sont coûteux ! Dans une région truffière, ça peut être rentable.

Le pistage .Entre la recherche d’objets et la recherche de personnes il y a le choix. Facile à mettre en œuvre si on a accès à de grands espaces.

Le frisbee. Reconnu depuis 2007 par la SCC, ce sport consiste à faire rapporter sous différentes formes un frisbee.

La Poursuite à Vue sur Leurre (PVL). Ce sport est un dérivé du coursing bien connu chez les lévriers. Les chiens poursuivent un leurre fixé sur un câble et entraîné par un moteur, ce câble passe par des poulies qui font changer de direction au leurre. Il y a quelques années, la PVL était très populaire chez les Staffies de la région parisienne. Attention, ce sport peut être dangereux car le chien peut se couper en mordant le câble qui défile.
Disciplines non prises en charge ou reconnues par la SCC.

Le flirtpole. S’apparente à la pêche à la mouche : une canne à pêche avec un leurre et c’est parti ! Le but est d’éviter que le chien saisisse le leurre. Facile à mettre en œuvre et peu coûteux, il peut être pratiqué partout. Il
faut toutefois ne pas en abuser avec un chiot et reconnaître les signes de fatigue.

Weight pulling. Encore un sport assez controversé parce que pratiqué intensivement dans le milieu du Pit Bull, il consiste à faire tirer un chariot lesté de poids de plus en plus lourds. Ce sport ne doit être pratiqué que par des chiens complètement matures sous peine de déformer complètement leur squelette.

Le springpole. Plus contestable, ce sport a acquis une mauvaise réputation du temps du Pit Bull . Il consiste à faire mordre le chien sur un leurre pendu à hauteur variable, le chien ne lâche que lorsqu’il est à bout de force. Facile à mettre en œuvre et peu coûteux, il est toutefois dangereux car le chien peut se blesser en retombant, ne pas abuser de ce sport avec un chien pas complètement à maturité. Évitez de pratiquer ce sport en
public pour la réputation du Staffie !